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Les interviews

Uploadé le 27, juin 2016 | by LIDER News

Brahima Coulibaly: “Ouattara élabore la constitution comme s’il s’agissait du manifeste du Rdr”

LIDER News | 26 juin 2016


Le Délégué national LIDER à l’implantation zone 8, Brahima Coulibaly, a accordé une interview à Serge Yavo, du quotidien Soir Info, le samedi 25 juin 2017.

Qu’est-ce qui a, selon vous, milité en faveur de votre nomination en tant que DN de LIDER ?

Brahima Coulibaly. : Je dois dire que je suis animé, face à cette nomination, par un sentiment de joie. Je voudrais remercier le Président Mamadou Koulibaly, la Déléguée Générale Madame Monique Gbekia et la Conseillère Exécutive Madame Nathalie Yamb pour la confiance qu’ils placent en nous. Le plus dur commence, parce qu’il ne faut pas décevoir. Nous travaillerons dans la dynamique du parti qui est d’implanter des sections et des bases dans notre zone de compétence.

Quel sens donnez-vous à la pétition internationale pour la libération de Laurent Gbagbo ?

B.C. : Notre président le Prof. Mamadou Koulibaly était présent à la cérémonie pour signer la pétition internationale pour la libération de Gbagbo. Mamadou Koulibaly était membre du comité de pilotage de cette pétition ; dans les jours à venir, les choses vont s’accélérer et ce sont des millions de signatures qui sont attendues. Le président Mamadou Koulibaly a instruit la direction et les militants du parti afin qu’ils se sentent concernés par cette action démocratique de soutien à la libération du président Gbagbo.

À LIDER, on croit à cette pétition ou on fait du suivisme ?

B.C. : Tout le monde connaît le président Mamadou Koulibaly. Il ne fait pas de suivisme. L’implication de LIDER dans cette pétition signifie aussi que nous croyons à la démocratie, aux actions pacifiques pour dénoncer des injustices, des abus. C’est donc pour nous une façon démocratique de dire à la communauté internationale que Laurent Gbagbo n’a pas sa place à la Cpi. Depuis le départ, Koulibaly a dit qu’un seul camp ne peut pas se tirer dessus. Alors si un camp est en détention, on ne peut pas laisser l’autre qui continue de piller les ressources de la Côte d’Ivoire et d’appauvrir les Ivoiriens. Pour le président Koulibaly, si on parle de justice, alors il faut juger les deux camps. Mais on a constaté qu’il s’agissait de torturer un camp, à travers la justice des vainqueurs. Le président Koulibaly a dit non ! D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, aucune preuve n’est venue accabler le président Gbagbo.

Le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, sur Rfi, a dit: «Je ne vais pas me soustraire à la justice internationale». Votre commentaire.

B.C. : Guillaume Soro n’est pas prêt à répondre à la Cpi. Il ne l’est pas en ce sens qu’il était en France lorsque la juge française Sabine Khéris a voulu l’entendre dans une affaire le concernant. Mais il a fui et est rentré à Abidjan. Donc il faut que Guillaume Soro arrête de narguer les Ivoiriens. S’il était prêt, il aurait montré le signal en répondant à la convocation de la juge. Au lieu de cela, il est monté dans le premier avion et a regagné la Côte d’Ivoire.

Pour LIDER, la nouvelle constitution ivoirienne qui fait débat aujourd’hui est une stratégie d’Alassane Ouattara pour faire un troisième mandat. Expliquez-nous cette opinion.

B.C. : LIDER n’est pas d’accord avec l’élaboration d’une nouvelle constitution. Voici le schéma de M. Ouattara qui, en fait, ne veut pas quitter le pouvoir: Au départ, M. Ouattara a demandé cinq ans aux Ivoiriens. Après, il a dit qu’il voulait un second mandat. Et dès que s’achève la première année de son second mandat, il trouve qu’il faut élaborer une nouvelle constitution. Il veut rester au pouvoir et sa stratégie est de vouloir jouer sur la non rétroactivité de la loi pour réussir ce tour de passe-passe. En fait, en passant d’une révision de la constitution à une nouvelle constitution, M. Ouattara dit: «Puisque nous sommes dans la 3ème République, on fait table rase du passé, donc je me présente pour mon premier mandat sous la 3ème République». C’est la logique de Ouattara. C’est pourquoi toute l’opposition dit non à l’élaboration d’une nouvelle constitution. Et, toujours dans sa logique, Ouattara va supprimer la limitation d’âge… Nous n’accepterons pas ce passage en force.

Vous appellerez à descendre dans les rues par exemple ?

B.C. : Il peut y avoir des mots d’ordre, car il est inadmissible que M. Ouattara élabore la constitution, notre loi fondamentale, comme s’il s’agissait du manifeste du Rdr,  dont il est encore le président en violation de la constitution.

Quelle est votre position sur la révision constitutionnelle ?

B.C. : Nous ne voulons pas de l’élaboration d’une nouvelle constitution, sauf si c’est pour instaurer le régime parlementaire. Par contre, s’il s’agit de faire des retouches dans le cadre de Linas-Marcoussis, on est d’accord. À Linas-Marcoussis, tout le monde a dit que c’est l’article 35 qui est confligène et qu’on pouvait écrire que pour être candidat à la présidence de la République, il fallait être ivoirien de père ou de mère. Si dire «de père et de mère» gêne des personnes, on peut dire «de père ou de mère», mais on n’a pas besoin d’une 3ème république pour cela. Mais voilà qu’on actionne des personnes qui viennent dire qu’un 3e mandat de Ouattara ne gênera pas. C’est faux!

En quoi est-ce qu’il gênerait ?

B.C. : Même le 2nd mandat de M. Ouattara, qui est constitutionnel, gêne les Ivoiriens qui sont affamés, qui sont au chômage, qui vivent dans l’insécurité avec les microbes. Ce second mandat de M. Ouattara est une catastrophe ! Pour un tel président, on ne peut pas dire qu’un troisième mandat ne gênerait pas. C’est parce que les Ivoiriens sont attachés à la constitution qu’ils regardent Ouattara dans ses dérives. Sinon, ils en ont marre ! De plus, M. Ouattara a en face de lui une opposition civilisée, démocratique, qui refuse la violence, les crises pour arriver au pouvoir. Qu’il s’estime heureux ! Quand ceux qui gouvernent aujourd’hui étaient dans l’opposition, tout le monde sait ce qu’ont subi les Ivoiriens. Alors nous voulons dire à Ouattara que si c’est l’article 35 qui pose problème, on peut le réviser selon Linas Marcoussis. Mais en s’entêtant à élaborer une nouvelle constitution, Ouattara va créer une grave crise, car les populations n’accepteront pas de souffrir davantage.

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