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Uploadé le 6, avril 2016 | by LIDER News

Côte d’Ivoire : l’Onu accuse Guillaume Soro de disposer d’un stock de 300 tonnes d’armes

Joe Bavier | Reuters | 4 avril 2016


Selon les experts de l’Onu, le chef du parlement ivoirien a utilisé la crise pour stocker des armes

Le chef rebelle devenu président du parlement Guillaume Soro a profité de la guerre civile de 2011 pour acquérir des centaines de tonnes d’armes, dont beaucoup demeruent sous le contrôle des soldats qui lui sont fidèles dans l’armée, selon les enquêteurs de l’Onu.

L’accusation, publiée lundi dans un rapport des experts chargés de la surveillance de l’embargo sur les armes imposé par l’Onu, insiste sur le fort risque que court cette nation ouest-africaine, qui a émergé de la crise en se positionnant comme l’une des étoiles économiques montantes du continent.

Soro, souvent cité comme un successeur potentiel au président Alassane Ouattara, a dirigé les rebelles des Forces nouvelles, qui occupaient la moitié nord du pays, premier producteur de cacao du monde, pendant près d’une décennie et ont soutenu Ouattara lors de la crise post-électorale de 2011.

« Le groupe (Groupe d’experts sur la Côte d’Ivoire) a documenté l’acquisition de quantités importantes d’armes et de munitions, estimées à 300 tonnes, par les (Forces nouvelles) à la suite de la crise post-électorale», a déclaré le rapport.

« Guillaume Soro a traité directement l’acquisition du matériel. »

Les stocks représentent environ 30% de l’arsenal total de la Côte d’Ivoire, selon le groupe d’experts. « L’arsenal mentionné ci-dessus comprend le matériel stocké en Côte d’Ivoire en violation du régime de sanctions et qui n’est pas encore sous le contrôle de l’armée, » poursuit le rapport.

Soro qui, selon la constitution ivoirienne,, deviendrait président si Ouattara venait à mourir ou devenait invalide pendant son mandat, a nié les accusations. « Les enquêteurs sont des farceurs médiocres, » a t-il écrit dans une réponse à la demande de Reuters de commenter le rapport. « Il ne reste plus qu’ils nous accusent d’avoir des armes de destruction massive.« 

Nous n’avons pas pu joindre les représentants du gouvernement, y compris le ministre de la défense et le porte-parole du gouvernement, afin de commenter le rapport.

Reuters, l’an dernier, avait documenté la découverte par l’Onu d’une partie de l’arsenal, qui n’a pas été déclaré aux autorités gouvernementales et était détenu dans un camp militaire dans la ville de Korhogo par un ancien commandant des Forces Nouvelles.

Des stocks d’autres armes ont été trouvés par l’Onu dans une ancienne école de formation militaire à Bouaké -capitale de facto des Forces nouvelles- et dans les locaux de l’unité de protection rapprochée de Soro dans la capitale économique Abidjan.

Quelques 3000 personnes ont été tuées pendant la guerre qui a eu lieu en Côte d’Ivoire à la suite du refus du président sortant Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite dans les urnes face à Alassane Ouattara en fin 2010. Gbagbo, accusé de crimes contre l’humanité, est actuellement jugé devant la Cour pénale internationale.

Selon les enquêteurs, les stocks incluent également les armes de soldats fidèles à Gbagbo saisies par les rebelles lors de leur avancée vers le sud, avec le soutien militaire des français et de l’Onu afin de permettre à Ouattara de prendre le pouvoir.

« Bien que la plupart des anciens commandants de zone aient été intégrés dans l’armée, ils continuent d’avoir une influence politique et financière indépendante», a déclaré le rapport.

D’autres armes découvertes sous le contrôle des anciens rebelles aujourd’hui intégrés dans l’armée comme officiers supérieurs portaient les numéros de séries et de lots de livraisons d’armes importées par le Burkina Faso voisin entre avril et août 2011.

Les alliés de Gbagbo ont longtemps accusé le Burkina Faso et son ex-président Blaise Compaoré de soutenir la rébellion de Soro, issue d’un coup d’Etat manqué contre Gbagbo en 2002.

Les achats d’armes ont été organisés par le chef d’état major militaire personnel de Compaoré, le général Gilbert Diendéré, selon les enquêteurs.

Compaoré a été contraint de fuir Burkina Faso suite à des troubles violents en 2014 et vit aujourd’hui en exil en Côte d’Ivoire, qui lui a accordé la nationalité. Diendéré, en détention au Burkina Faso suite au coup d’Etat manqué organisé l’an dernier contre les autorités de transition qui ont remplacé Compaoré, n’a pas pu être joint immédiatement.

Les autorités du Burkina Faso ont émis un mandat d’arrêt international contre Soro plus tôt cette année pour des faits liés à son soutien présumé au putsch manqué au Burkina Faso.

Traduction par LIDER / Article original en anglais: http://www.reuters.com/article/us-ivorycoast-un-idUSKCN0X124E



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