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Published on juin 13th, 2019 | by LIDER News

Jeudi, c’est Koulibaly! Foncier, nationalité et orpaillage

LIDER News | 13 juin 2019


«La question de l’immigration se pose en termes conflictuels en Côte d’Ivoire parce qu’elle est mise en liaison avec les questions de la propriété collective des terres rurales. Lorsque l’immigré arrive et que c’est l’Etat le propriétaire exclusif des terres qui l’installe implicitement, au nom du principe selon lequel celui qui met la terre en valeur en devient le propriétaire, alors l’expropriation de propriétaires coutumiers par l’Etat est accompagnée de l’installation de l’immigré par l’Etat représenté par le préfet, le sous-préfet ou le ministère des eaux et forêts ou celui de l’agriculture.

Si, à son arrivée, l’immigré trouvait des populations locales propriétaires de terres immatriculées, avec des titres fonciers, il pourrait entrer en négociation avec ces propriétaires pour obtenir un champ à cultiver, comme il le fait pour l’obtention d’une maison à habiter. Il devrait échanger avec le propriétaire, obtenir son accord sur les superficies, les prix et les autres conditions de la location ou de la vente par actes notariés. Ces contrats libres garantissent la mise à disposition de terres selon les conditions de l’offre et de la demande de terres cultivables. Par ces libres négociations, les transactions se font volontairement sur le foncier rural, il n’y a pas d’accaparement de terre qui ne soit contractuellement discuté et accepté par les propriétaires fonciers, qui y trouvent un gain. Le libre échange sur les terres rurales est ainsi mutuellement bénéfique pour les coéchangistes. Le processus marchand exclut aussi bien la force brutale de l’Etat que ceux qui ne peuvent payer et remplir les conditions du marché. Mais lorsque la terre est déclarée propriété de l’Etat et qu’en plus, il est admis que celui qui la met en valeur en devient le propriétaire, les sources du conflit deviennent apparentes. Les populations locales vont perdre leurs terres coutumières au profit de nouveaux arrivants installés par l’Etat.

Les coûts de la présence des immigrés pour les populations locales seront donc élevés par rapport à ce qu’ils pourraient être en cas de libres négociations contractuelles. Les populations locales se sentent alors exclues par un processus d’accaparement de leurs terres au profit des nouveaux arrivants. Localement, le jeu économique est tel que ce que les populations locales perdent sera gagné par les populations immigrées qui s’installent. Les populations locales, face à cette exclusion marchande mais étatique, réagissent en refusant d’être spoliées de leurs terres et prennent pour cible les immigrés et, dans une mesure plus lointaine, l’Etat. Dans ce contexte la belligérance et le conflit s’installent entre locaux et étrangers. A court terme, seul l’Etat gagne dans cette division.

La loi sur le foncier rural actuelle dit que seuls les Ivoiriens peuvent être propriétaires alors que le même Etat offre la nationalité et peut l’accompagner par une redistribution des terres. Les germes d’un conflit identitaire et nationaliste sont ainsi mis en place. A partir du moment où l’Etat donne la terre à l’immigré, il lui donne aussi la possibilité presque automatique de prétendre à la nationalité et vice versa. Les catégories collectives organisées et instrumentalisées se retrouvent en conflit sous l’arbitrage d’un personnel politique pyromane, qui revient en pompier pour faire la réconciliation de façade. Le cycle reprend et continue, les réconciliations sont suivies de conflits et les conflits précèdent de longues rencontres de réconciliation, qui se terminent par de nouvelles frustrations et de nouveaux conflits. Quelques rentiers et mafieux profitent de ces situations mais la grande masse de la population qui s’appauvrit tout simplement d’année en année voit l’immigré comme le responsable des malheurs, alors que ce dernier, très souvent, souffre aussi de ces instabilités et de ces conflits qui rendent les équilibres sociaux précaires.

Un équilibre politico-social est pourtant possible en milieu rural si la gestion du foncier rural est laissée aux populations qui passent librement des contrats avec qui elles veulent et selon les conditions du marché. Sans propriété privée de la terre rurale, c’est l’Etat qui organise l’exclusion des populations et opposera des groupes les uns aux autres dans des conflits qui ne profitent à moyen et long terme à personne. Les possibilités existent d’organiser des marchés gagnants-gagnants pour tous. Il ne sert à rien de réveiller la polémique nauséabonde sur la nationalité et sur le foncier. Nous devons dépasser les sophismes populistes et mettre fin à la spoliation des populations, à la pauvreté organisée et mettre en place un système qui valorise les bienfaits de l’immigration et qui nous évite les effets pervers collatéraux sur la sécurité et le foncier rural.»

Ce texte, intitulé Du foncier à la nationalité : les socles de la division en Côte d’Ivoire, a été écrit par #MamKoul2020 en 2013. Cette semaine, il a décidé d’aborder cette même thématique à propos de laquelle il sonne l’alerte depuis des décennies, sous forme de vidéo, comme contribution à un débat en cours en Côte d’Ivoire, mais dont les paramètres sont hélas très souvent mal posés. Une deuxième partie sera diffusée la semaine prochaine. #PasVuALaRti

Chaque jeudi, le Prof. Mamadou Koulibaly, candidat de LIDER à l’élection présidentielle de 2020, publie une courte vidéo explicative de son projet de société pour une Côte d’Ivoire meilleure, unie et stable. Likez et partagez pour qu’ensemble, nous réussissions! 2020 se prépare dès aujourd’hui et merci à chacun de faire sa part.

A voir en cliquant sur l’image en haut ou sur le lien suivant: https://www.youtube.com/watch?v=eGt4aM4ue-4&t=15s

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