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Le mot du président

Uploadé le 1, février 2015 | by LIDER News

Si Koulibaly a pu survivre, alors peut-être que tous peuvent survivre

Mamadou Koulibaly | LIDER | 1er février 2015


Chères Ivoiriennes, chers Ivoiriens,

Un des moyens de gouvernement d’Alassane Dramane Ouattara, mise à part la communication à outrance sur ce qu’il fait, qui est grossi à l’extrême comme étant exceptionnel parmi ses pairs chefs d’Etat d’hier et d’aujourd’hui, d’ici comme d’ailleurs ; sur ce qu’il ne fait pas, qui est gommé de la mémoire collective et sur ce qu’il a l’intention de faire, qui est présenté comme ayant déjà été réalisé, c’est le chantage et la corruption avec ou sans les moyens de l’Etat.

Il transforme les droits pourtant établis en moyen d’achat de conscience de tous ceux qui pourraient le gêner. Ainsi, à la fin de son mandat, en est-il des droits et privilèges liés au statut d’anciens ministres, d’anciens premiers ministres, d’anciens présidents d’institutions et d’anciens présidents de la République.

Ces dispositions contenues dans la loi ont toujours été appliquées en Côte d’Ivoire. L’ancien ministre, juste parce qu’il aura été nommé ministre un jour, sans qu’il n’ait eu à cotiser dans une quelconque caisse de retraite pour la préparer, a automatiquement droit à une rente viagère exonérée de tout impôt, d’environ un million de francs cfa par mois. Si le ministre, après deux ou trois remaniements, était reconduit deux ou trois fois, il bénéficiera de deux ou trois rentes viagères cumulées dès son départ du gouvernement.

Depuis qu’il est au pouvoir, Ouattara refuse ces avantages à l’ancien ministre du Budget du gouvernement de Robert Guéï, à l’ancien ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement du Cnsp, à l’ancien ministre de l’Economie et des Finances de Laurent Gbagbo. Au lieu de cumuler trois rentes viagères d’ancien ministre, Koulibaly ne reçoit rien, de par la volonté de Ouattara de le «faire plier». Koulibaly, durant le mandat de Ouattara, a survécu au non-paiement de ses rentes, donc tous les anciens ministres pourraient survivre si leurs rentes viagères étaient supprimées. Peut-être que, tout compte fait, la rente viagère n’a pas de sens et que les anciens membres du gouvernement et assimilés, c’est-à-dire tous les conseillers du président, les secrétaires généraux de la présidence, de la primature et du gouvernement nommés avec rang de ministre pourraient ne plus toucher cette rente et survivre. La preuve est établie avec la jurisprudence du cas Koulibaly. Ne faut-il pas supprimer cette rente viagère cumulative?

Il en est de même pour les anciens présidents d’institution et les ex premiers ministres, dont la rente viagère de 6 millions de fcfa environ par mois s’accompagne, lorsqu’ils cessent toute fonction officielle, de garde du corps, de chauffeur, de secrétaire, de personnels de maison (cuisinier, maître d’hôtel, blanchisseur, chargé de mission) mis à leur disposition ainsi qu’un véhicule et un passeport diplomatique, cumulativement aux rentes viagères perçues en tant que ministres, s’ils l’ont été précédemment. Koulibaly a été privé, depuis le mandat de Ouattara, de tous ces avantages. Une rente viagère payée partiellement, pas de véhicule, ni garde du corps, ni chauffeur, ni secrétariat, ni personnels domestiques, ni passeport diplomatique. Koulibaly, au moment où s’achève le mandat de Ouattara, s’aperçoit qu’il y a survécu. On peut en déduire que les anciens présidents d’institutions et anciens premiers ministres qui cumulent ces rentes avec celles d’anciens ministres peuvent s’en passer. La jurisprudence du cas Koulibaly le prouve.

Il en est de même de la rente viagère du président de la République lui-même. Contrairement aux précédentes rentes, l’ancien président de la République lui a droit à une résidence, plusieurs voitures, des déplacements payés et, à son décès, tous ces privilèges continuent d’être mis à la disposition de sa veuve, en plus des dix millions de fcfa de rente viagère. Dans ce cas, il n’y a pas encore de jurisprudence, mais quand on voit l’affairisme et la corruption de la famille et du clan Ouattara au pouvoir, est-il besoin de prévoir pour lui un statut d’ancien président de la République?

Si le statut d’ancien serviteur de l’Etat n’a pas de sens, s’il ne sert à rien d’autre qu’à faire chanter les potentiels bénéficiaires, si ces derniers peuvent survivre sans les privilèges octroyés par la loi, alors pourquoi ne pas les supprimer pour tous? Ceux d’hier, ceux d’aujourd’hui comme ceux de demain. Qu’en pensez-vous?

Mamadou Koulibaly
Président de LIDER
Liberté et Démocratie pour la République

 

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