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Les interviews

Uploadé le 25, mars 2015 | by LIDER News

Mamadou Koulibaly : « Tant que Ouattara ne reculera pas, nous serons dehors. »

Ancien président du Parlement sous Laurent Gbagbo, aujourd’hui leader du parti LIDER, le Pr. Mamadou Koulibaly explique dans cet entretien, comment et pourquoi il s’est allié au camp des frondeurs du Fpi, avec Banny, Kkb etc. Koulibaly, intraitable, annonce même «des heures chaudes» contre le pouvoir Ouattara, à qui il reproche de savoir diviser les Ivoiriens, mais d’être incapable de les réconcilier entre eux et de se réconcilier avec eux.

Interview par Akwaba Saint-Claire et Benoît Hili  | Le Nouveau Réveil | 25 mars 2015


Q: Il y a un an, à la tribune «le fauteuil blanc» du «Nouveau Réveil», vous aviez pratiquement promis-juré que vous n’aviez plus de contact avec vos anciens compagnons, que vous ne regardiez plus dans le rétroviseur. Aujourd’hui, on vous voit aux côtés d’un certain Aboudrahamane Sangaré. Comment expliquez-vous cette volte-face ?

Mamadou Koulibaly: Ce n’est pas une volte face. C’est une évolution normale. Si mes souvenirs sont exacts, je vous ai dit, lors de cette entrevue, que je m’étais donné comme mission de mettre en place une coalition parce que, dans la perspective des élections à venir, LIDER devait convaincre les parties opposées à monsieur Ouattara, afin que nous puissions mutualiser nos efforts et nous donner des chances de victoire. Une résolution du Congrès de LIDER m’a non seulement investi comme candidat du parti à la présidentielle, mais m’a également confié la mission de continuer à travailler dans cette direction. Nous avons obtenu une coalition, celle de La 3ème Voie. A côté, une autre coalition existe, qui s’appelle l’Afd, avec Laurent Dona Fologo, Ahizi, Affi… Avec le Rhdp, cela faisait en tout trois grandes coalitions. Et nous avons continué à discuter. Avec les évolutions récentes, au Pdci, vous avez des candidats déclarés qui ne sont candidats d’aucuns bords. Nous les avons contactés pour savoir s’ils pouvaient accepter de travailler avec nous, même si nous ne sommes pas du même parti. Car l’idée de la coalition, c’est justement, cela : des gens de bords différents qui cherchent à atteindre le même port et se mettent donc ensemble. Ces personnes, toutes réunies, ont dit qu’il fallait que nous allions voir ceux du Fpi, pour savoir s’ils veulent eux-aussi, rejoindre la coalition. Nous y sommes allés.

Ce qui est étonnant dans l’affaire, c’est qu’on s’attendait à vous voir logiquement du côté ce qu’on appelle «le Fpi officiel». Et voilà que vous atterrissez plutôt du côté du «Fpi frondeur». Qu’est-ce qui explique cela ?

Je n’ai pas de jugement à porter sur ce qui est officiel ou frondeur. Quand une coalition se met en place, elle cherche tous ceux qui peuvent venir la renforcer.  Dans cette perspective, il n’y avait aucun intérêt pour nous d’aller nous adresser au Pdci officiel qui était déjà dans une union avec Ouattara qui marche bien d’ailleurs. Par contre, il y avait des gens qui, au Pdci, ont dit non à cette perspective. Nous avons estimé que ceux-là pouvaient renforcer la coalition. Au Fpi, le premier groupe approché était celui d’Affi N’guessan il y a près de 2 ans. Nous avons eu des contacts, des échanges, nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises, mais nous ne nous sommes pas entendus sur la feuille de route de la coalition. L’un des points essentiels de cette coalition, c’était la remise en cause du code électoral en vigueur, qu’il faut mettre à plat, réécrire en corrigeant certains aspects. Et la commission électorale qu’il faut refuser, parce que non indépendante et non conforme à la Constitution. Nous ne sommes pas tombés d’accord avec nos amis de l’Afd. Eux, ils trouvaient que la commission électorale était bien en l’état, qu’il fallait y participer et avoir des sièges de président, vice-président et de secrétaire général. A partir de ce moment-là, il y a eu une évolution séparée des deux coalitions (Afd et La 3ème Voie), jusqu’à ce qu’au sein du Fpi, il y ait un courant qui dise non à cette commission électorale et aux pratiques anticonstitutionnelles de Ouattara. Nous nous sommes dits que s’il y a un courant qui dit non, nous pourrions aller le voir pour savoir si on peut faire chemin ensemble. Nous avons été bien inspirés.

Vous pensez que le temps qui nous reste est suffisant pour mettre en place une nouvelle Commission électorale et préparer sereinement les élections ? Quand on sait que les élections doivent se tenir normalement en octobre, vous ne pensez pas que c’est un débat dépassé ?

Non, le débat est plus que jamais actuel. Si les choses avaient commencé en mars ou avril 2015, je vous aurais dit que le temps est peut-être limite et que c’est un débat qu’il faut ajourner. Or, le débat dont je vous parle-là date d’avril 2012. C’était juste au lendemain de la mise en place du Cadre permanent de dialogue (Cpd) entre le gouvernement de monsieur Jeannot Ahoussou Kouadio et l’opposition. Ce débat a continué avec le gouvernement de Kablan Duncan. Et le même débat continue aujourd’hui. Nous n’avons pas évolué parce que justement le gouvernement a refusé d’évoluer là-dessus. Nous avons signé un document au sein du Cpd qui dit qu’aucune modification dans le dispositif électoral ne sera entreprise par le gouvernement sans consultation et l’accord éventuel du cadre permanent de dialogue. Ouattara, dans le mépris total de cet arrangement politique entre le gouvernement et l’opposition, fait ses lois et avance sans nous consulter. C’est un débat qui date donc d’il y a trois ans. Aujourd’hui, nous sommes arrivés au point où nous disons, pas question de laisser faire. S’il faut reporter la date des élections, il faut la reporter. Si on doit les faire dans le temps, il faut faire les réformes avant. En tout cas, les conditions doivent être modifiées avant. Même si c’est en avril ou en mai, on fait les réformes et puis on va aux élections. Il n’y aura ni élection sans notre coalition et ni élection selon les dispositions actuelles illégales et inacceptables.

A peine sorti de prison, Aboudrahamane Sangaré avait eu ce propos très peu courtois allant jusqu’à vous qualifier de Lucky Luke. Aujourd’hui, on peu s’étonner que vous soyez la personne qui s’empresse d’aller vers monsieur Sangaré.

Ce n’est pas Koulibaly qui s’empresse d’aller voir Sangaré. C’est la coalition qui est allée voir Sangaré. Si vous avez écouté mes propos, c’est au nom des candidats déclarés à la présidentielle : Kablan Brou, Charles Konan Banny, Ahipeaud Martial, Essy Amara, Kkb et moi-même. Je suis parti aussi au nom des partis politiques qui sont dans La 3ème Voie et qui n’ont pas encore désigné de candidats. Par ailleurs, si vous me suivez bien, je dis dans toutes mes interventions que les querelles d’avant sont terminées, que c’est du passé et qu’il nous faut reconstituer des forces pour les défis qui nous attendent. Et puis, cela ne devrait pas vous étonnez, surtout pas vous, les journalistes du Nouveau Réveil. Vous vous souvenez du mandat d’arrêt lancé par Bédié contre Alassane Dramane Ouattara, du coup d’Etat de 1999, de la guerre que Bédié et Ouattara se sont fait et qui est allée jusqu’à l’emprisonnement à la Maca d’une partie de la direction du Rdr. Or, aujourd’hui, Bédié et Ouattara sont devenus de grands amis. En politique, lorsque des moments de bagarre arrivent, il faut être bagarreur. Lorsque des moments de conciliation arrivent, il faut être conciliant. Et c’est ce qu’on reproche à Ouattara : il est capable de diviser les Ivoiriens, mais il n’est pas capable de faire la réconciliation avec eux et entre eux. Il se réconcilie avec Bédié pour garder le pouvoir, mais pas avec les Ivoiriens pour les mêmes raisons.

Et vous donc ? Vous avez purgé vraiment votre contentieux avec Sangaré ? Comment s’est déroulée cette première rencontre ?

On n’a pas parlé du contentieux. A mon niveau, c’est du passé.

Ça veut dire que le contentieux existe.

Il y a certains contentieux qui n’ont même pas besoin d’être purgés, quand la raison vous dit que ce que vous vous disiez avant n’avait pas de raison d’être aujourd’hui. Nous sommes arrivés chez Sangaré, nous avons été tous très très bien accueillis. Les membres de la coalition ont demandé que je sois leur porte-parole pour adresser au président Aboudrahamane Sangaré les mots qui nous ont conduits à eux, ce que j’ai fait. Je lui ai présenté le sens de l’engagement que nous avions au sein de la coalition, sur le code électoral, la commission électorale, la confection de la liste électorale, le dépouillement, la proclamation des résultats, le financement des partis politiques, l’accès libre aux médias de service public, la sécurité autour des élections et les questions de fond, notamment de justice. Je leur ai dit que nous nous étions réunis pour exiger des modifications du code électoral pour le rendre conforme à la Constitution, à l’esprit d’indépendance et rendre les élections crédibles. Je leur ai dit aussi que c’est au nom de toutes les personnes candidates qu’il m’a été demandé de m’adresser à eux. Je leur ai posé la question de savoir si, dans l’état actuel des choses, ils sont prêts à s’engager dans ce combat-là, en vue d’obtenir de meilleures conditions démocratiques d’élections. Le président Sangaré a pris la parole. Il ne m’a pas dit, «Mamadou, pourquoi tu reviens ici alors qu’on ne voulait pas te voir, Mamadou tu es ceci ou cela.» Non, il a dit simplement : «C’est un grand honneur et un grand bonheur pour nous de recevoir cette coalition. J’ai eu des rencontres avec chacune des personnes ici présentes. J’ai rencontré Banny, Kkb, Essy, je connais Kablan Brou, mais c’est la première fois que tous, nous nous rencontrons, avec les membres de La 3ème Voie. Je salue ce moment, je salue surtout la grande humilité du président Koulibaly qui, malgré tout ce qui a pu se passer, a pu prendre de la hauteur, a pu dépasser tout cela et vous accompagne jusqu’ici. Je pense que c’est un bon signe, que ce que nous engageons-là est une bonne chose pour l’avenir». Voilà ce que Sangaré a dit. Il n’y a pas eu beaucoup d’échanges. Il a tout de suite dit : «Nous n’attendions que cela, trouver un cadre cohérent pour mener un combat cohérent, nous sommes d’accord avec tous les points d’engagement, avec les exigences que vous avez formulées. Est-ce qu’on peut avoir des détails sur le plan de bataille ?». On a présenté le plan de bataille : on va dans un grand hôtel, on organise une grande cérémonie de signature de la charte de la coalition avec Banny, Ahipeaud, Koulibaly, Bah Enoch, Doumbia Major et les autres. Et puis, on fera des manifestations partout. On sera dans la rue, on ira à pied, au Plateau, place de la République avec nos banderoles, sur lesquelles il sera marqué notre détermination à ce que le code soit revu, la commission électorale mise à plat. On lui a dit : «Monsieur Sangaré, il ne s’agira pas pour nous d’envoyer dans la rue nos militants, nos enfants, ni les jeunes. Nous-mêmes, nous allons y aller, les candidats et les président des partis politiques. On va se mettre là-bas et on va exiger cela. Tant que Ouattara n’aura pas reculé sur toutes nos revendications, nous serons dehors.» Sangaré nous a promis avec enthousiasme que le FPI y apportera sa contribution. Nous avons donc fait de la place au FPI.

On peut dire  que des heures chaudes s’annoncent alors?

Ça fait quand même trois ans que je préviens le gouvernement que les heures chaudes vont arriver. C’est curieux, les gens me regardent et ils disent : il va arriver où ? Il est tout seul, il ne pèse rien. Ils oublient que lui-même Ouattara, pour peser quelque chose comme président de la République, aujourd’hui, il lui a bien fallu créer une coalition, il a bien fallu qu’il y ait le Rhdp et qu’il vole 600 000 voix à Bédié, il a bien fallu qu’il torde la main à Bédié jusqu’à lui faire accepter sa candidature unique… Tout est question d’intelligence stratégique.

D’aucuns disent que votre coalition est un conglomérat de petits partis, une armée mexicaine. Qu’est-ce que vous répondez à cela ?

Je leur dis de continuer de rester dans leurs certitudes. Et que nous, nous avançons. Au départ, Koulibaly était un tout petit gars sans importance, Charles Konan Banny était un tout petit gars sans importance, de même Ahipeaud Martial, Kkb, Essy, Soko Waza… Voilà que ces petits gars sans importance se mettent ensemble, on dit que c’est une armée mexicaine, un petit groupe qui ne pèse rien du tout. Continuons d’avancer et on verra bien. Je ne voudrais surtout pas bousculer leurs certitudes.

Est-ce que vous n’êtes pas plus préoccupé par le souci de lever une armée contre Ouattara qu’à regarder aux convictions des uns et des autres ? Croyez-vous que Banny puisse avoir les mêmes convictions idéologiques que vous par exemple ?

Nos convictions idéologiques sont marquées dans les points d’engagements que nous avons en commun. Quand nous nous sommes vus, on n’a pas cherché à savoir qui est socialiste, libéral, communiste, écologiste. On a dit : nous venons de bords différents, nous nous rencontrons, qu’es-ce qui va être le socle de notre coalition ? On est tombé d’accord. Un, nous ne sommes pas là pour soutenir un candidat. Deux, nous nous ne sommes pas là pour soutenir un parti politique. Trois, nous sommes là pour nous mettre d’accord sur le document de base dont les grandes lignes sont contenues dans ces points d’engagement que je vous ai signalés. Pour obtenir ces réformes, on n’a pas besoin d’idéologie. Les convictions suffisent.

Qui sera le porte-voix, le capitaine de cette coalition ?

On n’en n’a même pas parlé. Nous sommes tous tombés d’accord que pour le moment, chaque candidat bat campagne à sa façon, chacun est libre de se battre comme il le veut, avec son équipe, avec sa direction de campagne, mais qu’ensemble, nous allons suivre cette feuille de route point par point. Si au bout de quelques mois, de quelques semaines, nous travaillons ensemble et nous finissons par cultiver un degré de confiance tel que nous puissions envisager de mettre en place un programme commun de gouvernement, alors nous nous assiérons de nouveau pour établir ce programme commun de gouvernement. Et si après cela, nous décidons d’aller ensemble aux élections, que ce soit à six candidats, trois candidats, deux candidats ou une candidature, cela se décidera. Mais nous sommes tous d’accord que ce sera le dernier point de l’évolution et non le premier. Juste une question de méthode.

Maintenant que vous parlé avec Aboudramane Sangaré, comment vous analysez la situation qui prévaut à l’intérieur du Fpi ?

Cela fait longtemps que je parle avec Affi N’guessan, avec Aboudramane Sangaré, mais je ne me mêle pas du tout des problèmes internes des autres partis politiques. J’ai suffisamment à faire chez moi à LIDER. Je les laisse gérer leurs problèmes. Cela ne fait pas partie des points d’accord que nous avons établis. Nous ne sommes pas une cour de justice.

Avec ce qui se passe, est-ce que vous avez le sentiment d’avoir eu raison de partir plus tôt du Fpi ?

Aujourd’hui, mon objectif principal n’est pas de savoir si j’ai eu raison ou pas, c’est de voir comment faire pour que Affi N’Guessan, Ahizi, le Rpp, le Pit et le Fpi tout entier rejoignent notre  coalition pour nous rendre encore plus forts ensemble que séparés. C’est cela le défi. Ce qui s’est passé hier, c’est le passé. Rien ne viendra corriger cela. C’est fort des leçons d’hier que cette coalition va démarrer.

Aboudramane Sangaré est dans une position de dissidence vis-à-vis du président Pascal Affi N’guessan. Est-ce que ce conflit était prévisible pour vous qui avez dirigé le parti?

Je vous avoue que depuis la création de LIDER, j’ai la tête plongée dans l’organisation de ce parti, dans son implantation. Il est tout jeune, n’a pas beaucoup de moyens et il avance. Je n’ai donc pas pris le temps de regarder ce qui se passait ailleurs. Rien du tout ne me gêne dans la coopération avec tous les groupes politiques, de la société civile ou des mouvements syndicaux. Tous ceux qui sont d’accord avec notre feuille de route, avec les points d’engagements, nous sommes preneurs. Il faut quand même savoir que le Pdci est au pouvoir avec ceux qui ont fait le coup d’Etat de 1999. Le Pdci est au pouvoir avec Soro qui a fait la rébellion. Et c’est beaucoup plus que ce qui a bien pu se passer entre le Fpi et moi. Vous ne le pensez pas ?

C’est une opinion personnelle.

C’est une interview, donc j’assume. C’est pourquoi tout ce qui est exprimé est très personnel. Je ne parle pas au nom de la coalition. Je parle au nom de Mamadou Koulibaly, président de LIDER et je vous dis ce qui a poussé LIDER dans cette coalition.

Le front social est secoué par une grève qui prend forme à l’université et dans les écoles. Quelle lecture faites-vous de la situation ?

Depuis toujours, aussi bien quand j’étais à la fac qu’au gouvernement ou à l’assemblée, j’ai prôné le dialogue social. Cela signifie que les partenaires sociaux, l’administration et l’Etat puissent, pour tous les problèmes sociaux, prendre le temps de voir et d’identifier les difficultés. Ce que j’ai constaté, c’est que hier (Ndlr : le lundi)  les étudiants étaient en grève, à l’initiative d’une des centrales syndicales, la Fesci. Mais il faut reconnaitre qu’on a quand même de gros soucis à l’université, dont la grève est l’expression bruyante. La semaine dernière, j’avais 18 heures de cours prévues dans la semaine, j’ai pu faire 5 heures. Et cela n’était pas la faute d’une grève d’étudiants. Le micro ne marchait pas dans l’amphi, il y avait des interférences entre mon cours et les cours des amphis voisins, connectés sur la même sono. Les étudiants pouvaient suivre trois ou quatre cours, en étant dans le même amphi. Le courant se coupait dans les blocs d’amphi, pendant que les bureaux et les administrations étaient éclairés. Ce sont ces problèmes-là qui ont fait que la semaine dernière, j’ai pu faire 5h de cours sur 18h. Le lundi 23 mars, j’y étais de nouveau. Cette fois, c’est la grève. Dans les revendications des étudiants, j’ai vu qu’ils exigeaient la correction de ces problèmes, le courant, la climatisation des amphis, la création de bibliothèques, de salles de travaux dirigés… J’ai discuté avec un de mes collègues de la fac de Droit qui, lui, a un amphi de 1000 étudiants : l’amphi H. Il m’a expliqué comment, en plein cours, malgré la climatisation, une jeune fille est tombée en syncope, tellement, elle avait chaud. Ces camarades l’ont sortie et l’ont évacuée dans un centre de santé. Quelques minutes après, c’est un autre étudiant, asthmatique, qui s’est mis à tousser. Il a été évacué. Après, mon collègue s’est rendu compte que c’était difficile et il leur a dit : «On n’est pas venu ici pour nous entre-tuer.» Il a dû  arrêter son cours. Il faut reconnaitre qu’il y a de réels problèmes à l’université, malgré 185 milliards de francs cfa dépensés pour la rénovation des campus. Ce que je suggère au gouvernement, c’est que rapidement, il faut appeler à une table de discussion les syndicats estudiantins et les enseignants. Ils doivent s’asseoir et identifier tous les problèmes de l’université, qui ne datent pas d’aujourd’hui, et les hiérarchiser. Il faut voir ce qu’on peut traiter dans l’immédiat, ce qu’on peut traiter un peu plus tard et ce qu’on peut traiter beaucoup plus tard. Puis il faut dégager les moyens humains, financiers et matériels pour commencer à traiter ces questions, en mettant en place un comité de suivi composé d’enseignants, d’étudiants, de l’administration universitaire et des autorités gouvernementales, qui se réunirait chaque mois pour évaluer les avancées dont tout le monde sera informé. S’il y a ces avancés et que les choses commencent, je suis sûr qu’on pourra faire les cours. Sinon, c’est parti pour l’année blanche. Et comme nous sommes en année électorale, s’il y a des troubles sociaux, c’est une crise que nous allons avoir avant et après les élections. Et cela est détestable.

Interview réalisée en collaboration avec Foumseke Coulibaly

Lire la 2ème partie en cliquant ici: http://lider-ci.org/koulibaly-avec-ouattara-la-croissance-gonfle-mais-pas-la-richesse-des-populations/

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