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Uploadé le 30, mars 2018 | by LIDER News

Monique Gbékia (présidente de LIDER): «Mon ambition: faire élire Koulibaly Président de la République»

Connectionivoirienne.net | 30 mars 2018


Nouvellement élue présidente de LIDER en remplacement de Mamadou Koulibaly, Monique Adjoua Gbékia est professeur d’histoire géographie au lycée classique d’Abidjan. Originaire de Divo (région du Loh Djiboua), elle s’apprête à y organiser son premier meeting en tant que première responsable de sa formation. Le ton modéré, mais le verbe haut quand il s’agit de défendre son parti, cette admiratrice inconditionnelle de Mamadou Koulibaly s’est ouverte à connectionivoirienne.net. Interview

Depuis le 24 mars 2018, vous êtes la nouvelle présidente de Liberté et démocratie pour la République (LIDER) en remplacement de Mamadou Koulibaly. Que représente une telle charge pour vous en tant que femme ?

Monique Gbekia : Je sais qu’en tant que femme ce n’est pas facile. Parce qu’en Côte d’Ivoire et partout ailleurs, les femmes n’ont pas toujours un espace d’expression et lorsque vous travaillez pour arriver à ce niveau de responsabilité, les gens s’interrogent toujours. C’est donc un grand défi pour moi et je pense que je vais continuer sur ma lancée à faire épanouir les idéaux de mon parti. C’est une lourde charge mais quand on a un grand pédagogue avec soi (Mamadou Koulibaly, ndlr), on ne doit pas s’inquiéter.

On vous a vu écraser quelques larmes ce jour quand le président Koulibaly vous passait le flambeau en vous demandant de le tenir ferme. Que devrait-on comprendre par ces larmes ?

Monique Gbekia : Il y a eu plusieurs sentiments qui m’animaient en même temps. D’abord la reconnaissance de l’homme que tout le monde connaît et qui dit des mots forts à votre endroit. Il y avait donc de l’émotion et en même temps je me disais que je dois redoubler d’effort.

Est-ce que vous êtes prête à remplacer valablement Mamadou Koulibaly qui s’efface après six ans à la tête du parti ?

Monique Gbekia : Je voudrais d’abord relever que le professeur ne s’est pas du tout effacé ! C’est un démocrate et il a voulu que nos textes que nous nous sommes donnés librement soient appliqués. Il a fait ses deux mandats et il fallait que quelqu’un d’autre prenne sa place. C’est ce qu’il a fait. Et ça c’est un enseignement, une leçon. Parce que les gens pensent que quand ils sont à la tête d’un pays et qu’ils ne sont plus là, ils ne sont plus rien.

Avant ce congrès du 24 mars, il y a eu beaucoup de bruits dans le parti, un groupe conduit par Lancina Karamoko a même tenu son congrès le 17 mars. Quel LIDER allez-vous diriger ? Un parti uni ou morcelé ?

Monique Gbekia : Avant le 24 mars, il n’y a jamais eu de congrès. Il y a eu simplement une réunion de gens qui ne sont même pas militants. En dehors de l’esprit du 10 mars, le reste, ce ne sont pas des militants. LIDER, c’est ce que nous représentons aujourd’hui. C’est le parti dont j’ai reçu le bâton du commandement. Les autres qui ont tenu une réunion extraordinaire avec à leur tête un exclu, ne représentent pas le parti.

Karamoko Lancina a néanmoins été votre militant avant son exclusion que vous évoquez. En tant que nouvelle présidente est-ce que vous allez vers lui pour le ramener à la maison ou bien vous le laisser se prévaloir de président de LIDER ?

Monique Gbekia : Il ne faut même pas insister là-dessus ! J’ai dit que ce ne sont pas nos militants. Pourquoi voulez-vous que la présidente de LIDER aille vers des gens qui ne sont pas militants de son parti ? S’il y avait des militants de LIDER avec lui, peut-être ! Mais je dis il n’y a pas de militants avec lui. Depuis le 10 mars Karamoko Lancina a été exclu et n’est plus militant de LIDER. Un militant ici à LIDER, c’est celui qui a sa carte. Si vous ne la renouvelez pas, vous êtes considéré comme un sympathisant.

Son exclusion a-t-elle respecté les textes ?

Monique Gbekia : Bien sûr ! C’est le cabinet qui décide et le cabinet s’est réuni pour décider. La décision a été signée par celui qui préside le cabinet, c’est-à-dire le professeur Mamadou Koulibaly.

Est-ce qu’il a été entendu au moins comme le préconisent vos textes ?

Monique Gbekia : Il devait être entendu par qui ?

Mais par vos instances dédiées…

Monique Gbekia : Oui, mais il ne devait plus être entendu par qui que ce soit parce que dans nos textes, les organes que vous évoquez ont été supprimés. Il y a eu quatre conseils nationaux qui se sont réunis et ont supprimé cet organe depuis belle lurette. Mais à ce niveau, nos textes disent que comme il était un ancien délégué national, il y a des choses qu’il ne faut pas dire. Et quand tu dis ces choses qu’il ne faut pas, tu ne fais plus partie de la maison. Normalement c’est sans appel. Mais parce que nous respectons les textes, une réunion de cabinet a eu lieu et à l’unanimité des membres, il a été radié.

Madame, quand Mamadou Koulibaly vous remettait le flambeau, il a dit que certains de vos camarades sont partis parce qu’ils estimaient que vous n’étiez pas la meilleure au plan professionnel, qu’ils sont partis parce qu’ils estimaient que vous n’étiez pas de la bonne religion ? De la bonne ethnie etc. Alors quand il évoque cela est-ce qu’il n’y a pas là un motif de plus pour aller chercher ces camarades partis à cause des incompréhensions ?

Monique Gbekia : Dans la même vidéo, il a aussi dit que certains sont revenus. Alors est-ce que j’ai changé de religion ou d’ethnie pour que ceux-là reviennent ? C’est une question de personne. Dès lors que vous laissez le combat politique de côté pour rentrer dans des querelles de personnes, je ne sais pas ce que je peux faire ! Un parti politique, on y entre librement et on sort librement. On ne peut pas poursuivre des gens qui ne veulent plus s’asseoir avec vous.

Avez-vous le sentiment qu’il y a un coup du parti au pouvoir tendant à diviser votre parti?

Monique Gbekia : Je ne voudrais pas rentrer dans ce débat. Qu’il y ait un coup ou non, je pense que les Ivoiriens sont suffisamment matures et ils voient. Avez-vous vu le professeur Mamadou Koulibaly intervenir, en tant que président de LIDER, à la télévision (rti1, le dissident Karamoko Lancina y était invité à l’émission ‘’Instant de vérité’’ au lendemain de son « élection », ndlr) !? Nous avons tenu notre congrès ici à notre siège, avez-vous vu la rti ici ? Tous ceux que vous voyez dans cette télévision, les Ivoiriens se font leur propre opinion sur eux. Ce n’est pas à moi de le dire.

Quelle est votre ambition aujourd’hui en tant que présidente de LIDER ?

Monique Gbekia : Mon ambition, c’est de tout faire pour que le professeur Mamadou Koulibaly, qui a été désigné candidat de LIDER, soit élu président de la République de Côte d’Ivoire à la présidentielle de 2020. C’est faire en sorte que le projet qu’il porte aboutisse. Il n’y a pas autre chose à faire. Tout a été déjà fait par le président depuis six ans. Je ne changerai rien et mon défi et priorité à moi, c’est de faire en sorte que nous ayons de vrais commandos LIDER pour sécuriser le vote de notre candidat. Sinon notre programme est connu et j’irai bientôt à la rencontre des militants et des Ivoiriens pour expliquer notre priorité.

Avez-vous les moyens et les hommes à la dimension de votre ambition ?

Monique Gbekia : Nous y travaillons depuis six ans dans ce sens et nous continuons ce travail. La question qu’on nous pose souvent est de savoir si nous avons les militants pour élire notre candidat. Je réponds que ce n’est pas seulement avec ses militants qu’on gagne une élection. C’est avec les populations. Les militants, c’est juste pour être présents dans les bureaux de vote et sécuriser nos votes. A ce niveau je voudrais dire que les populations nous suivent et vous avez pour preuve nos vidéos «Jeudi, c’est Koulibaly» qui font le buzz en ce moment sur la toile. De sorte que même dans des familles où on ne fait pas de politique, des gens nous appellent pour dire que ce que le professeur Koulibaly dit est juste. Avec le succès de nos vidéos il y a des gens qui veulent nous imiter en faisant «jeudi de quelque chose d’autre» ! Vous comprendrez que nos activités intéressent tout le monde.

Le professeur Mamadou était bien connu et estimé quand il était vice-président du Fpi. Passé à LIDER, pensez-vous qu’il a encore la même aura pour être un candidat vraiment vendable ?

Monique Gbekia : Holà là ! Mamkoul comme nous le disons ici est très attrayant ! À LIDER, il a eu à mener l’opposition ivoirienne. Il a porté à un moment donné le combat de l’opposition. Vous vous souvenez certainement son fameux discours de la place Ficgayo (à Yopougon, ndlr) où il a lancé le slogan «Le pouvoir au peuple» et il est temps que le pouvoir revienne maintenant au peuple. Les Ivoiriens le connaissent depuis qu’il était à l’Assemblée nationale. On se souvient également de sa prestation lors des accords de Linas Marcoussis (en France, en 2003, ndlr). C’est le seul qui avait claqué la porte de ce conclave pour marquer son désaccord. Il a dit que le pouvoir appartient au peuple, c’est un grand démocrate. Il l’a appliqué dans son parti, ce n’est pas à la tête du pays qu’il ne le fera pas.

A son passif, l’opinion retient aussi que c’est le candidat qui, en 2015, a empoché 100 millions de fcfa de l’Etat sans participer aux élections. Ne pensez-vous pas qu’il traine cette affaire comme un boulet puisque chaque fois qu’on parle de Koulibaly, les commentateurs et observateurs de la scène politique soulèvent ce débat ?

Monique Gbekia : Il s’est expliqué sur la question plusieurs fois et vous n’avez qu’à aller sur internet ou dans les journaux. Je ne voudrais pas revenir là-dessus mais mon sentiment est que les gens ne se demandent même pas combien l’Etat de Côte d’Ivoire doit au professeur Mamadou Koulibaly. Demandez plutôt combien l’Etat lui doit que de s’offusquer des 100 millions de fcfa. Dès lors qu’on répondra que c’est 600 millions que l’Etat de Côte d’Ivoire lui doit, alors seulement vous ferez la déduction des 100 millions de fcfa.

Aussi simple que ça ?

Monique Gbekia : Ah beh oui ! Moi je reste concrète et il faut être concret sur la question. Combien l’Etat de Côte d’Ivoire doit au professeur Mamadou Koulibaly ? Personne ne s’est déjà posé cette question. La loi ivoirienne veut que quand tu as occupé de hautes fonctions, tu reçoives des indemnités (rente viagère, ndlr). L’actuel chef de l’Etat, en tant qu’ancien premier ministre a perçu ces indemnités. Pourquoi pas Koulibaly ? Quelqu’un s’est-il une fois ému de cette préoccupation ?

Dans moins de deux ans maintenant, ce sera la présidentielle 2020. Comment l’appréhendez-vous et est-ce qu’elle est tenable au regard du débat actuel sur la cei et les réformes institutionnelles actées ?

Monique Gbekia : On a encore deux ans devant nous. Mais ce qu’on note déjà et que tout le monde voit, c’est que cette Cei n’est plus voulue par personne à part le Rdr. Mais nous disons que nous allons à la présidentielle de 2020.

Même si cette Cei restait en l’état ?

Non ! Pas du tout, puisqu’elle est désavouée par tous. Vous pensez qu’une institution dont personne ne veut va rester en place pour organiser une élection aussi importante que celle de 2020 ?

Le chef de l’Etat, lui, reste de marbre sur la question…

Ok ! Mais on verra. Il peut rester sans bouger mais à terme est-ce qu’il va continuer ? Je n’envisage pas cela. Même quand on dit que quelqu’un est sourd, il y aura un autre pour marcher sur son pied.

Interview par S. Debailly

 

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