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Economie

Uploadé le 5, décembre 2018 | by LIDER News

Nathalie Yamb (LIDER) aux décideurs allemands: « Ne venez pas en Afrique francophone en tenant la main de la France »

LIDER News | 5 décembre 2018


La conseillère exécutive du Prof Mamadou Koulibaly, candidat de LIDER à l’élection présidentielle de 2020, a été très active ces dernières semaines. Invitée comme conférencière lors du 3e dialogue Allemagne-France sur l’Afrique, qui s’est tenu à l’Institut des relations internationales (Ifri) à Paris les 15 et 16 novembre 2018, Nathalie Yamb a énoncé quelques vérités.

Pour commencer, elle a déconstruit l’argument du président français qui s’entête à vouloir faire de la démographie africaine un danger pour l’Europe et le monde : «En termes de superficie, l’Afrique est sous-peuplée. Il serait bon que M. Macron cesse d’être obsédé par le taux de natalité des Africains, car en face de ce dernier, il y a un taux de mortalité qui devrait suffire à le tranquilliser, ainsi que les statistiques et la pyramide des âges fournies par le Banque mondiale en attestent. La cause de la migration des Africains francophones vers l’Europe n’est pas démographique : c’est la mauvaise gouvernance pratiquée par des régimes mis en place et/ou soutenus par la France et l’Union européenne. Tant que vous soutiendrez les dictateurs qui sévissent en Afrique, il est tout à fait normal que vous receviez le flux des jeunes qui fuient la misère que ceux-ci sèment chez nous.»

Devant un auditoire constitué de chercheurs, diplomates, députés, militaires, étudiants, enseignants, fonctionnaires et journalistes, elle a posément remis en cause la pertinence des accords de coopération qui existent depuis des décennies entre la  France, l’Europe et l’Afrique : «Les Acp-Ue, les Ape, le franc cfa, la dette, l’aide publique au développement n’ont pas réussi à sédentariser la population africaine en Afrique, à créer de l’emploi et à donner des perspectives d’espoir à la jeunesse africaine. Alors, si ces mécanismes ont échoué et qu’ils sont pourtant maintenus, c’est qu’ils profitent à quelqu’un et ce quelqu’un, ce n’est visiblement pas l’Afrique.»

Indexant le franc cfa comme l’un des principaux responsables de l’inertie économique et industrielle en Afrique, elle a asséné : «Le franc cfa, avec son organisation, sa structure, sa parité et sa rigidité, ne peut pas être un instrument de développement pour l’Afrique francophone. La rupture avec la tutelle coloniale monétaire française est aujourd’hui revendiquée non plus seulement par quelques politiques et économistes, mais également par des intellectuels, des écrivains, des artistes et une très grande partie de la  jeunesse africaine. Une étude de Alexander Yeats, économiste à la Banque mondiale, intitulée ‘Do African countries pay more for import? Yes’ le prouve: les pays africains paient plus cher tout ce qu’ils achètent à l’ex puissance coloniale et vendent moins cher tout ce qu’il vendent à l’ex puissance coloniale. Si la Grèce, l’Italie et même la France ont du mal à s’en sortir avec l’euro, ce n’est pas l’Afrique, qui a un tissu industriel inexistant, qui peut se développer avec.»

Elle a terminé en suggérant à l’Allemagne de ne pas attendre la validation de la France avant de faire du business en Afrique francophone, ce qui a suscité quelques remous du côté françafricain de l’auditoire. A un participant qui soulignait que si Israël et l’Allemagne avaient pu construire des relations amicales et commerciales après la 2e guerre mondiale, ce n’est pas le passé colonial qui pouvait être un frein aux bonnes relations entre la France et l’Afrique francophone, Nathalie Yamb a répondu : «Chacun ses cauchemars. De Gaulle et Mitterrand, pour nous les Africains francophones, c’est pire que Hitler, que cela vous plaise ou non», en faisant remarquer à ses interlocuteurs européens, toujours prompts à réitérer leur volonté de partenariat d’égal à égal avec l’Afrique, que cela commence par l’acceptation de certaines vérités, aussi désagréables fussent-elles pour eux.

Suivre l’intégralité de l’intervention de Nathalie Yamb à l’Ifri: https://www.youtube.com/watch?v=Ev41n05dFGs&t=1215s

De retour en Côte d’Ivoire, la Conseillère de MamKoul, membre de la Direction de LIDER, a pris part au 3e Laboratoire africain pour le féminisme qui s’est tenu à Assinie du 26 au 28 novembre avec 25 participantes venues de tout le continent. Elles ont travaillé pendant 3 jours sur les problématiques de la femme africaine avant de revenir à Abidjan pour rencontrer des mareyeuses à Locodjro et échanger avec des Ivoiriennes de tous horizons (entrepreneures, femmes politiques, syndicalistes, blogueuses etc.) lors d’une table ronde qui s’est tenue à la Fondation Friedrich Ebert le jeudi 29 novembre 2018.

Dans la soirée, Nathalie Yamb a été la modératrice d’un débat sur l’état du féminisme en Côte d’Ivoire, lors duquel les résultats assez effarants d’une étude sur la représentativité des femmes au parlement et dans les syndicats ivoiriens ont été présentés.

Enfin, Nathalie Yamb s’est rendue à Bassam vendredi 30 novembre 2018 pour partager, avec les participants au programme «Etre élu» de la FES, les recettes qui ont permis à Mamadou Koulibaly (LIDER) de gagner l’élection municipale à Azaguié, en dépit d’une commission électorale inféodée au pouvoir et de moyens financiers restreints face à la grosse machine du rhdp, qui n’a pas hésité à arroser les populations à coups de millions de francs cfa, à jeter des poids lourds comme Adama Bictogo et Amadou Gon Coulibaly dans la bataille et à instrumentaliser la rti et les médias de service public pour propager des fausses informations sur un pseudo ralliement de LIDER au rhdp afin de semer la confusion dans l’esprit des électeurs.

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