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Uploadé le 3, juin 2014 | by LIDER News

Qui payera pour les crimes écologiques commis dans le nord?

Par LIDER News | 03 juin 2014


Depuis longtemps, il était question de chasser le gang des Frci d’Amade Ouremi des forêts classées du Mont Péko. Il semblerait que l’opération ait enfin commencé, au grand soulagement des populations qui espèrent trouver un peu de sérénité. Si cela est avéré, alors le gouvernement est à féliciter pour cet acte nécessaire à la restauration de l’ordre républicain, même s’il est tardif. Ces pillards ont détruit des biens publics de plusieurs générations, sans qu’il ne soit à ce jour clairement établi qui va payer la note pour les dégâts commis et les dommages subis.

Les forêts classées de notre pays ont toujours été agressées sans que l’Etat, avec ses agents des eaux et forêts et son ministère dédié, ne soit capable de les protéger. La forêt du Banco n’a pas échappé, depuis les 50 dernières années, à ce type d’agressions organisées par l’Etat lui-même. La forêt d’Anguededou, en face de la prison civile, a disparu pour laisser la place à des cités dortoirs. Les forêts de Taï, celles de Grand Lahou etc. continuent de faire l’objet d’exploitations illégales. Nos techniques agricoles toujours archaïques ne laissent que peu de choix entre une  agriculture extensive et l’exploitation forestière.

Dans l’entendement commun, les forêts ne se trouvent que dans le sud et l’ouest du pays. Or, depuis le milieu des années 70, après la grande sécheresse qui a frappé les pays du Sahel, il a été entrepris de gros efforts de reboisement dans le nord de la Côte d’Ivoire pour freiner l’avancée du désert dans notre pays. Des grandes forêts de tecks y ont été développées par l’Etat et par de nombreuses bonnes volontés d’ici et d’ailleurs. Ces forêts de 25 à 30 ans donnaient au nord une autre physionomie écologique, un profil environnemental nouveau. Elles avaient été créées pour barrer la route au Sahel et jouaient pleinement leur rôle, en modifier durablement l’écosystème.

Mais voilà que la rébellion éclate en 2002 et qu’elle prend en otage le nord. Pour s’offrir un butin facile, les rebelles n’ont pas hésité, après le pillage du bétail des populations, à exploiter ces forêts de tecks. Les bois ont été coupés et emportés ; les fonds recueillis versés en partie dans les comptes de la Centrale, la grande caisse des rapines de guerre destinée au financement de la rébellion et surtout à l’enrichissement personnels des com’zones et de leurs hommes. Ces destructions de forêts classées, au-delà d’être des crimes économiques, sont des crimes environnementaux graves qui remettent au goût du jour la problématique de la désertification des territoires du nord. S’il est vrai que le pillage des forêts de l’ouest du pays a été violent et continue de l’être avec la pression démographique qui s’y exerce, il n’est pas moins important d’être attentif aux impacts climatiques du pillage des forêts classées du nord de la Côte d’Ivoire.

L’on parle de crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire. Nous connaissions les casses des agences de la Bceao. Nous connaissions les assassinats des jeunes nordistes par le Mpci des 20-21. Nous connaissions les crimes économiques commis par la rébellion dans les zones Cno. Mais qu’en est-il des crimes écologiques commis depuis 2003 dans les forêts créées dans les zones des Savanes, etc. Qui payera pour ces crimes? Et quand est-ce que ces forêts pillées seront-elles reboisées ? Une chose est sûre : Les zones Cno n’ont pas fini de payer le prix de leur prise en otage par la rébellion pro Ouattara.

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