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Uploadé le 4, novembre 2019 | by LIDER News

La couverture maladie universelle: un leurre et rien que du fla-fla

Landry Yao Kiele | LIDER |4  novembre 2019


Par la loi n°2014-131 du 24 mars 2014 instituant la couverture maladie universelle (Cmu), la Côte d’Ivoire a commencé à mettre en place un système de protection sociale obligatoire. Selon M. Ouattara, c’est un système qui permettra un égal accès à la santé à tous les citoyens par le biais de la Cmu, une assurance calquée sur le système français.

Les prélèvements à hauteur de 1.000 f cfa ont démarré vers fin avril 2019, et les prestations sont effectives depuis le 1er octobre 2019, selon les informations officielles. Quelle est notre analyse ?

De notre point de vue, fixer une cotisation à hauteur de 1.000 fcfa par mois dans un pays où 46,3% de la population vit avec moins de 1 dollar (520 fcfa) par jour est une aberration.

Pour les fonctionnaires et les personnes ayant un emploi stable, cela n’est pas un problème. Cependant, une catégorie de la population ivoirienne ne survit qu’à l’aide de leurs revenus saisonniers (la culture de cacao par exemple ne se pratique que 3 mois par an). Cette catégorie de citoyens se retrouve donc dans l’impossibilité de payer la cotisation mensuelle les mois où ils ne peuvent pas cultiver leurs terres. Ils ne pourront donc bénéficier de la Cmu.

Bien que le montant soit dérisoire, il est difficile d’exiger d’une population dont seulement environ 25% seraient employés comme salariés dans le secteur formel, de contribuer comme cela.

La Cmu, c’est mettre la charrue avant les bœufs. Pourquoi ?

Certains centres de santé, notamment en milieu rural, ne disposent pas d’accès à l’eau courante et potable, et à l’électricité. Les équipements techniques sont souvent insuffisants et vétustes ou hors-service. On compte aussi de nombreux bâtiments délabrés. Cela est dû à un manque criard de moyens alloués à l’entretien et la maintenance des établissements de santé.

Le ratio d’habitants par médecin est d’environ 6 000 habitants par médecin.
On retrouve également de grandes différences entre les régions : La région d’Abidjan compte 40% du personnel médical du pays, pour seulement 24% de la population. Alors que d’autres régions comme le Sud Bandama, le N’zi-comoe et le Moyen Cavally sont dépourvues de médecins.

En ce qui concerne les médicaments, les pharmacies publiques restent confrontées à un autre problème. Elles ne sont pas suffisamment approvisionnées, ou les médicaments sont détournés. La corruption demeure une réalité du milieu hospitalier ivoirien, et il arrive qu’il y ait parfois un accord entre la pharmacie publique et une officine privée: la pharmacie oriente les patients vers les officines privées qui appartiennent à des proches, prétextant la pénurie d’un type de médicament dans les hôpitaux publics.

Ces problèmes devraient donc trouver solution avant la mise en place d’une couverture maladie universelle. Juste une question de bon sens.

Une Cmu discriminatoire et non bénéfique

Discriminatoire dans le sens où certaines maladies chroniques, qui constituent de véritables fléaux sociaux, telles que le diabète, l’hypertension artérielle, le cancer, l’insuffisance rénale, l’accident vasculaire cérébral (avc) ne sont pas prises en compte dans le panier de soins de la Cmu. Pourtant, la Cmu étant un système de protection sociale obligatoire, on fera obligation aux personnes qui souffrent de ces pathologies lourdes de cotiser chaque mois. Certains payeront donc pour une chose qui ne leur profite pas. Cette Cmu est discriminatoire.

Au regard de tout ce qui précède, vous conviendrez avec moi que cette Cmu ne trouvera pas d’effectivité. Elle vise à supporter les charges des soins qu’on ne peut s’offrir en Côte d’Ivoire, du fait des hôpitaux vétustes ou inexistants. Vous êtes sans ignorer que des milliers de localités sont sans établissement sanitaire, et quand il en existe, ce n’est que de nom. Il s’agit juste souvent de bâtiments sans médecins et sans équipements élémentaires.

C’est pourquoi à LIDER, nous honorerons l’engagement de la Côte d’Ivoire pris en 2001 qui est d’accorder 15% de son budget national à la santé. Ce qui n’a jamais été fait, alors que 2013 avait été pompeusement décrétée «année de la santé» par Alassane Dramane Ouattara et que cette année 2019 été déclarée «année du social». Et pour renforcer cette volonté de changement, nous rappelons aux Ivoiriens la mesure intitulée «personne ne sort» contenue dans notre projet de société, qui obligera les personnalités politiques en charge de la gestion des finances publiques (président de la République, ministres, députés, maires, directeurs généraux de ministères et d’entreprises publiques et parapubliques) à se faire soigner ici, en Côte d’Ivoire.

Landry Yao Kiele est membre de la Délégation Générale de LIDER et de la team #MamKoul2020

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