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Uploadé le 9, avril 2014 | by LIDER News

La vision de LIDER se fonde sur le refus du tribalisme et la lutte contre la pauvreté des paysans et des jeunes

Interview par Aboubacar Demba Cissokho | Agence sénégalaise de presse | 06 avril 2014


Liberté et Démocratie pour la République (LIDER, opposition ivoirienne), fondé en juillet 2011, se porte «bien, comme un parti dans l’enfance», a déclaré son président Mamadou Koulibaly, soulignant que la vision de cette formation repose sur le refus du tribalisme et des clivages ethniques.

«Notre parti se porte bien, comme un parti dans l’enfance. Nous avons tiré leçon de ces 60 années d’erreurs politiques. La base même sur laquelle le parti se fonde c’est le refus du tribalisme», a expliqué Mamadou Koulibaly dans un entretien accordé à l’APS, au siège du parti à Abidjan.

«On s’est rendu compte que les partis politiques en Côte d’Ivoire sont des partis qui sont adossés à des groupes ethniques : quand on dit Pdci (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), on dit que c’est les akans et les baoulés, le Rdr (Rassemblement des républicains), on dit les dioulas et les nordistes, le Fpi (Front populaire ivoirien) c’est les bétés et quelques gens de l’Ouest.»

Selon lui, «la haine réciproque nourrie entre les différents chefs de ces partis a blessé la Côte d’Ivoire depuis la fin du règne d’Houphouët-Boigny (1993). Le tribalisme, l’ethnicité, la religion et la région sont instrumentalisés à des fins politiques et ça cristallise la vie politique et ça ne rend pas service du tout».

Mamadou Koulibaly estime que depuis la mort du premier président Félix Houphouët-Boigny, en 1993, «on n’a plus travaillé : il n’y a plus de vision à court, moyen et long terme de la Côte d’Ivoire. Nous, nous rompons avec ce tribalisme et on invite les Ivoiriens à s’occuper d’une seule chose en priorité, la pauvreté».

Koulibaly relève que le parti qu’il dirige a identifié «les plus pauvres» de la Côte d’Ivoire, «les paysans et les jeunes». «Les paysans sont pauvres parce que l’Etat les exploite, dit-il. Depuis la fin de la période coloniale, l’Etat s’est refusé à leur donner la terre. On se bat pour la terre et ça provoque la guerre. Et quand les étrangers viennent se mêler à ça, ça fait des conflits avec les pays voisins sur le foncier rural.»

Selon lui, «la terre doit être rendue à ceux qui en sont les propriétaires traditionnels», à travers le lotissement du foncier rural. Tous les autres (partis) pensent que le statu quo actuel est bon : ce sont des fonds que l’Etat prélève sur les paysans pour le développement. Mais depuis 60 ans on le fait, depuis 60 ans les paysans sont pauvres».

Les jeunes quant à eux sont pauvres, parce qu’ils n’ont pas accès à une formation de qualité, poursuit l’ancien président de l’Assemblée nationale, relevant que depuis la mort d’Houphouët-Boigny, «on a négligé complètement l’école, l’éducation, l’instruction».

Il ajoute : «On s’est focalisé sur la succession, sur la politique. Entre temps, le nombre d’étudiants s’est multiplié, il n’y a pas eu de construction de laboratoires, de salles de classe, de bibliothèques, etc. Les étudiants, à l’université, sont formés comme on formerait des enfants à l’école primaire».

Aux réformes agricoles et du système éducatif, Mamadou Koulibaly ajoute comme «axes prioritaires» de la vision de son parti, «la réduction du niveau de vie de l’Etat, la réduction des gaspillages, la chasse aux détournements de fonds publics et à l’enrichissement des hommes politiques» qui «devraient permettre d’économiser, de faire des réformes, de financer un renforcement de capacités de ces jeunes».

Le président de LIDER plaide aussi pour l’instauration d’un régime parlementaire. «Aujourd’hui, constate-t-il, le président ivoirien, en tant qu’institution, a à la fois le pouvoir d’Obama, le pouvoir de Hollande et le pouvoir du Pape. C’est un pontife qui peut tout faire, qui ne rend compte à personne. C’est dommage et c’est dangereux. Nous voulons rompre avec cela.»

«Il faut passer au régime parlementaire, insiste Mamadou Koulibaly. Nous pensons qu’un président de la République est un serviteur, il bat campagne pour se mettre au service du peuple. Une fois qu’on lui a donné le pouvoir, il faut qu’il rende compte et il faut que le peuple lui demande des comptes. Dans le régime présidentiel africain, en tout cas ivoirien, on n’a pas cette possibilité.»

A la place du système de retraite par répartition, LIDER propose une retraite par capitalisation : «Je travaille et comme ma vie active dure trente ans, j’épargne auprès d’un fonds, d’une banque ou d’une assurance. Et sur trente ans, le jour où j’irai à la retraite, celle-ci ne dépendra pas de ceux qui travaillent».

«Avec mes épargnes et les intérêts qu’elles ont générés, je paye ma retraite comme je veux, je suis indépendant du niveau du chômage de la population. C’est vrai que je vais dépendre des erreurs des financiers, mais les financiers se réajustent», explique l’ancien ministre de l’Economie et des Finances.

Pour Mamadou Koulibaly, il s’agit là de quelques axes de réformes «qui touchent les fondamentaux du niveau de vie des populations et qui (nous) éloignent des conflits ethniques, des conflits tribaux, de l’instrumentalisation des ethnies». «Ce que nous disons touche tout le monde : la pauvreté, le chômage, l’éducation, l’emploi, le contrôle des hommes politiques…», conclut-il.

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