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Uploadé le 2, janvier 2014 | by LIDER News

Les universités ivoiriennes plus éloignées que jamais de l’émergence

Par Nathalie Yamb | LIDER | 02 janvier 2014


Le QS University Ranking, reconnu mondialement pour son classement des meilleurs établissements universitaires dans  le monde, vient de publier pour la première fois le top 100 des meilleures universités des pays émergents, plus connus sous le nom de BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Parmi les 20 meilleures universités des BRICS, l’on retrouve :

. 9 chinoises : Tsinghua University (1ère), Péking University (2ème), Fudan University (4), Nanjing University (5), University of Sciences and Technology of China et Shanghai University (6ème ex),  Zhejiang University (9), Beijing Normal University (12) et Sun Yat-sen University (20)

. 2 russes: Lomonosov State University (3), Saint-Petersburg State University (14)

. 3 brésiliennes: Universidade de Sao Paulo (8), Universidade Estadual de Campinas (10)  et Universidade Federal do Rio de Janeiro (19)

. 1 sud-africaine : University of Cape Town (11)

. 5 indiennes: Indian Institute of Technology Dehli (13), Indian Institute of Technology Bombay (15), Indian Institute of Technology Madras (16), Indian Institute of Technology Kanpur (17) et Indian Institute of Technology Kharagpur (18)

Les mêmes critères d’évaluation du classement global, qui définissent une université de renommée mondiale, ont été utilisés, à savoir :

. La recherche : Les indicateurs considérés ici incluent les évaluations domestiques de la qualité des recherches, la productivité (nombres de publications au pro rata des enseignants), l’indice de citation (le nombre de publications reconnues et citées par d’autres universités), les récompenses (prix Nobel, médailles Fields etc.), la proportion des docteurs ès sciences etc.

. L’enseignement : Un rôle clé d’une université est de nourrir les meilleurs esprits de demain, en inspirant la génération suivante de chercheurs universitaires. Des indicateurs types sont les évaluations de la qualité de l’enseignement domestique, la compilation du feedback des étudiants, des études et sondages d’étudiants et les ratios des étudiants par faculté.

. L’employabilité des diplômés englobe l’aptitude à la vie professionnelles des étudiants : la capacité de travailler efficacement dans une équipe multiculturelle, à faire des présentations, à gérer des personnes et des projets. Les indicateurs utilisés pour ce critère sont des enquêtes auprès des employeurs, les taux d’embauche des diplômés et les salaires moyens pour les diplômés.

. Les infrastructures : C’est un indicateur qui permet aux élèves de savoir à quoi s’attendre lors de leur expérience universitaire. Sont recensés les installations sportives et médicales, les laboratoires, les bibliothèques, le nombre de clubs et d’associations d’étudiants etc.

. L’internationalisation: Les indicateurs pris en considération ici sont la proportion d’étudiants et de personnels internationaux, le nombre d’arrivée et de départ d’étudiants prenant part à un programme d’échange, le nombre et la solidité des partenariats internationaux avec d’autres universités ou le nombre de diplômés qui poursuivent leurs études dans des universités à l’étranger.

. L’innovation mesure l’impact de la production universitaire (activités et résultats) sur l’économie, la société et la culture.

. L’engagement calcule la contribution de l’université à la communauté locale.

. L’accessibilité de l’université aux étudiants est évaluée à travers l’octroi des bourses d’études, l’accès aux personnes handicapées et l’équilibre entre les sexes.

La prise en compte de ce qui précède, comparée à la réalité sur le terrain en Côte d’Ivoire vient entériner le constat qui s’impose à tout directeur des ressources humaines de société ou d’entreprise multinationale : Les universités ivoiriennes sont non seulement à des années-lumière d’atteindre un statut digne de ce nom, mais elles produisent également des étudiants qui sont pour la plupart inaptes à la vie professionnelle et inadaptés au marché du travail. Cette observation devrait inciter les autorités du pays à plus de pudeur lorsqu’elles promettent de façon incantatoire et illusoire l’émergence du pays pour 2020, donc dans 6 ans, et les amener à revoir complètement leur façon d’aborder le monde éducatif et ses politiques.

Les universités ne sont pas des lieux autour desquels l’on construit des clôtures, à l’entrée desquels l’on met des jets d’eau ou à l’intérieur desquels l’on fait patrouiller des loubards revêtus d’uniformes de policiers. Les universités sont des endroits où l’on cultive le savoir, l’ouverture d’esprit et aussi la recherche, la pratique et l’innovation. Les universités sont des places où foisonnent les laboratoires, les bibliothèques, les nouvelles technologies, les centres de recherche. Les universités d’Abidjan, de Daloa, de Korhogo, de Bouaké etc. se caractérisent plutôt par l’absence complète desdites infrastructures. Même les installations de base comme des toilettes ou des salles de cours font cruellement défaut. Par contre, les cités universitaires, quand elles sont habitables, grouillent de milices et de Dozos, qui s’y sont durablement installés après avoir porté Alassane Dramane Ouattara au pouvoir.

Il est évident que dans ces conditions, l’on a peu de chance d’attirer des enseignants ou des étudiants étrangers. Les 133 milliards de francs surfacturés détournés par le ministère de l’Enseignement supérieur ne sont pas seulement une enfreinte grave à l’éthique et à la bonne gouvernance. Ils auront également des conséquences lourdes sur la réputation déjà catastrophique des universités ivoiriennes, mais aussi sur le quotidien des populations, puisque, par exemple, les personnels médicaux qui y sont formés n’auront jamais eu l’occasion de s’exercer en laboratoire avant d’opérer des personnes en chair et en os, avec tous les risques que cela comporte.

Le QS University Ranking part du principe que moins il y a d’étudiants par enseignant, plus la qualité de l’enseignement est meilleure. Il suffit de jeter un coup d’œil dans les amphithéâtres surpeuplés des universités ivoiriennes pour se convaincre que l’enseignement qui y est dispensé n’est pas prêt de remplir les critères de qualité nécessaires à une mention dans le classement mondial. Une lecture des curriculum vitae et des lettres de candidatures bourrées de fautes émises par les étudiants atteste, si besoin est, à quelles profondeurs abyssales le niveau de l’enseignement en Côte d’Ivoire a plongé, augurant un avenir sombre à la lutte contre le chômage endémique qui accable la jeunesse du pays.

Les programmes qui sont enseignés dans les universités en Côte d’Ivoire sont pour la plupart obsolètes, quand ils ne sont pas médiocrement dispensés. Par exemple, l’école de référence de formation des ingénieurs en télécommunications à Yamoussoukro en est encore à enseigner la technologie de la 2G à ses étudiants, là où tous les opérateurs sont déjà en train d’implémenter la technologie 4G ou LTE. Les employeurs du secteur de la téléphonie mobile sont ainsi obligés soit de recruter des diplômés ayant fait leurs études à l’extérieur de la Côte d’Ivoire et disposant donc d’un bon niveau pour être immédiatement opérationnels, soit d’embaucher des consultants budgétivores tout en investissant de lourdes sommes dans la formation d’ingénieurs pourtant diplômés, mais totalement déphasés par rapport aux besoins du marché.

Il est vital, pour éviter un effondrement total du système éducatif, qu’une réforme profonde soit menée pour en rehausser la qualité et que, comme le propose LIDER, un pont entre l’école et l’entreprise soit établi dès le primaire, de manière à changer la mentalité de la jeunesse et à susciter en elle l’envie d’entreprendre. Cette intégration permettra également aux jeunes diplômés de mieux répondre aux besoins des entreprises locales et de s’insérer plus facilement dans le monde du travail, faisant ainsi reculer le taux de chômage.

Le classement 2013 complet du top 100 des universités des BRICS est à voir ici : http://www.topuniversities.com/university-rankings/brics-rankings/2013#sorting=rank+country=+stars=false+search=

*La photo qui illustre cet article représente l’université Lomonosov de Moscou (3ème au classement). Chez nous, ce serait plutôt un palais présidentiel.

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